SUD AUSTRALIEN A VELO.
3 mois de voyage au coeur des grands espaces Australiens, en contact avec une faune et une flore riche et singulière. Je pars aussi en quête d'une opinion sur la cohésion des peuples qui l'habitent.

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ADELAIDE A MELBOURNE.

                   En 15 jours, je n’ai pas eu la chance d’avoir un vent favorable. J’ai failli étriper la personne qui m’a confirmée que normalement le vent sur la Stuart Highway est majoritairement Nord, Nord-Ouest. Lorsque j’ai commencé à me plaindre, il m’a rétorqué que comme le vent, la pluie et tous les cyclones étaient pas prévu avec tant d’intensité. C’est un peu comme en Amérique du sud sur les mêmes latitudes où les extrêmes se rencontrent. Cependant, grâce à ce spécialiste du tourisme, j’ai pu planifier ma route jusqu’à Melbourne. J’ai du renoncer à traverser les Grampians, le parc national dans les terres montagneuses détruit par les inondations. Ainsi, j’ai projeté de suivre la côte après avoir traversé la chaine de montagne entourant Adelaïde.

A l’issue de ma progression dans ce relief boisé, ce premier jour, j’ai espéré m’installer dans un camping, étonnamment complet. A ce point du voyage, j’ai pris la décision de ne plus cautionner les tarifs par site et non par personne. J’ai rencontré un cycliste Anglais qui a payé jusqu’à 38€ pour mettre sa tente. Ainsi, dans ce cas à Stratalbyne c’est le proprio du camping qui m’a indiqué un site gratuit à une quinzaine de kilomètre de la ville, j’y ai rencontré un couple de Belges Francophone et un petit groupe de Suisses qui m’ont offert à manger. Mais avant d’arriver sur les lieux, en passant devant une belle piscine olympique vide de nageur, j’ai profité des derniers beaux rayons de soleils pour faire mes traversées et surtout bénéficier de la douche.

 Le lendemain j’ai du replier ma tente avant le lever de mes voisins mais surtout avant que la pluie imbibe toutes mes affaires. J’ai pris mon petit déjeuner à l’abri au café. J’ai pris le temps d’observer comment la patronne d’origine Allemande prenait son travail à cœur. Les habitués venant chercher leur sandwich ou leur café me laissait jauger de la bonne atmosphère. Après, avoir eu confirmation que la pluie allait s’intensifier sur la journée, j’ai décidé de prendre courageusement la route.

Après une bonne heure de route et déjà trempé jusqu’à l’os, j’ai atteins le bac qui allait être déterminant pour ma journée en plus de me permettre de traverser la rivière. J’étais vissé sous le sèche main des toilettes pour prendre un peu de chaleur lorsque je me suis aperçu que j’allais manquer cette rotation. Je me suis ainsi, retrouvé juste à côté d’un couple d’une soixante d’année, qui naturellement après avoir ouvert sa vitre, m’a proposé de passer la nuit au chaud dans leur maison. J’ai tout de suite accepté et c’est ainsi, que le vélo était chargé le temps de passer sur l’autre rive. Ce couple très actif pour leur âge m’a montré avec joie leur façon de vivre.


vaches par sebiboy

Ils s’installaient dans leur ferme d’élevage qu’ils visitent le weekend, ils ont donc une autre ferme près d’Adelaïde où vivent une partie des 700 vaches. Son haras de chevaux de course semble d’avantage les passionner. J’ai donc suivi un peu le « briefing » de leur nouvelle équipe dynamique, qui s’attende à voir les chevaux gagner. J’ai donc découvert un monde très particulier lors de la rencontre de ce couple généreux. J’ai appris par la suite qu’ils avaient perdu leur fils d’un accident de voiture, il y a quelques années.

En plus de me conduire sur une trentaine de kilomètres afin que je débute mon étape de l’endroit, jamais atteint la veille, il m’a offert des filets de poissons de la lagune qui caractérise tant la région.

 Les paysages de ce jour là n’étaient pas très variés. Je me rappelle surtout de ces lignes droites entourés d’arbres spécifiques au littoral, je ne voyais pas la mer tout en la suivant de près.

Je me suis fixé un objectif un peu dur, 140Km jusqu’à Kingston sachant que Ken m’a déposé à 11H30. Malgré le vent, qui sans être favorable n’est pas trop défavorable, je présage une arrivée de nuit, surtout après avoir discuté avec ce Suisse fou à vélo. Parti de Sydney, seulement 4 semaines auparavant et il avait déjà effectué 3700Km. C’est une vrai « machine » qui espère traverser le désert prolongeant Ayers Rocks, beaucoup plus isolé que la partie que j’ai traversé. Son endurance pour le « Cross Country ski » explique difficilement ses performances surhumaines.

Fort de cette rencontre, je me suis efforcé de reprendre la route avec un bon enthousiasme et surtout une cadence supérieure. Après, avoir dépassé plusieurs spots sur lesquels il m’aurait été possible de dormir, j’ai regretté de ne pas avoir prévu de l’eau pour un campement. C’est à vingt kilomètres de l’objectif que j’ai aperçu une réserve d’eau pour les vaches, et quelques dunes pouvant m’offrir un bon environnement pour la nuit. Aussitôt, je me suis retrouvé à me doucher avec l’eau de la baignoire, le temps m’est compté avant la nuit, ainsi plus frais je me suis éloigné de la route. J’ai trouvé un espace entre deux dunes, un peu en surplomb ainsi j’ai rapidement assuré mon repas, le feu et l’implantation de la tente dans le sable.

 La nuit a été ventée et le matin je me suis levé la tente sur les épaules. Le petit déjeuner a été bref et entrecoupé par quelques averses. Avec ce vent à contre, j’appréciais d’être à seulement 20km de la prochaine ville. J’en ai fait une étape agréable dans un petit hôtel, à l’abri de ce vent fort.

Pour me rendre à Millicent, deux options s’offraient à moi. J’ai longuement hésité entre la route côtière touristique mais plus longue et la route intérieure que j’espérais peut être plus protégée du vent. Aujourd’hui encore je ne suis pas sûr d’avoir fait le bon choix. Pendant, presque 115Km, j’ai roulé la tête dans le guidon les bras autour de ma sacoche de guidon afin d’offrir un minimum de résistance au vent. L’environnement terni par la couverture nuageuse et l’absence de relief a fait une journée besogneuse et ingrate.

Arrivé dans le camping, à nouveau le responsable n’a pas daigné m’accorder un prix correct. Ayant repéré la présence d’une douche et d’une belle pelouse au bord du lac municipal mitoyen au camping, j’ai rapidement imaginé m’installer dans cet environnement égayé par le chant des innombrables perroquets. Le temps de la fameuse douche et un Fish&chips, le soleil s’est couché. Discrètement, je me suis installé en dehors du faisceau de l’éclairage public.

Vers 3 heures du matin, une forte pluie m’a réveillée, stoppant nette après quelques minutes, j’ai cherché le sommeil. Deux minutes plus tard, la pluie recommence, sans être vraiment réveillé, j’ai compris qu’une simple averse n’était pas aussi intermittente. En passant la tête à travers l’ouverture de la tente, j’ai constaté qu’un arrosage automatique était à l’origine de cette plaisanterie. La rincée suivante passée, j’ai entrepris de déplacer la maison à moitié à poils. Je n’ai pas eu le temps de me rendormir que la séance d’arrosage a cessé.

Fort d’une nuit honorable, j’ai rejoins cette localité de Mont Gambier, qui doit probablement son nom aux vieux volcans ayant laissés quelques cratères derrière eux. C’est ce même jour que j’ai appris presque en directe la terrible nouvelle du tremblement de terre à Christchurch, augmentant ainsi le long palmarès des catastrophes naturelles de l’année. Après une bonne séance d’internet à la bibliothèque, je me suis dirigé vers le campement indiqué par deux Français en  « van ». N’étant pas arrivé de bonne heure, c’est pendant ma douche improvisée près des urinoirs que j’ai fait connaissance de mes voisins Allemands. Le lendemain, après des retrouvailles fortuites dans le même site de camping gratuit, 120km plus loin, sa copine m’a proposé de tenir leur douche solaire du haut de son 4X4. Le lendemain, je les ai malheureusement quittés sans leur dire au revoir, forcé de fuir le temps pluvieux et froid.

Avant d’arriver à Warrnambool sur la piste cyclable, j’ai fait la rencontre d’un serpent en position d’attaque, surpris il a seulement fui en constatant qu’il ne pouvait me piquer. Cet intermède vite oublié, c’est un peu dépité que j’ai passé mon début de soirée, entre les prévisions de temps exécrable pour la fin de mon séjour et les difficultés à utiliser internet dans cette ville conséquente pas si reculé.

La soirée dans un backpaquers en temps que campeur invité m’a permis de rencontrer un Japonais. Campeur depuis plusieurs mois il travaille avec un visa « working Holiday », il m’a fait part d’une recrudescence de violence émergeante dans son pays lié à la crise. J’appréciais de pouvoir parler anglais avec ce jeune homme ayant quitté son pays pour s’ouvrir à cette nouvelle culture Australienne.

Parmi les clients d’origine hétéroclites, j’ai discuté avec un couple de cyclistes Anglais de plus de 70ans. Je suis toujours surpris par l’accessibilité de cette pratique aux différents âges de la vie.

Je débutais enfin, la « Great Ocean Road », j’ai retrouvé sur la route, un des jeunes couples Allemands. Je me suis réchauffé un moment dans leur 4X4, en me transposant 2min au volant de leur engin en imaginant les conséquences pouvant en découler sur mon voyage.

Avant d’attaquer la route scénique, j’ai pris ma collation dans une vente en directe de fromages locaux. J’étais un peu déçu de manger des fromages uniformisés dont la qualité du lait local n’est pas mise en valeur, probablement pour respecter des normes d’hygiènes excessives. Par ailleurs, les rayons étaient garnis de fromages importés de France, alors qu’ils sont tout à fait capables d’élaborer de bons produits.

Cet aparté gastronomique clos j’ai rapidement apprécié, cette succession d’accès au littoral. A l’aide de mes deux roues, je me suis facilement faufilé entre les piétons sur ces petits chemins d’accès bien aménagés. J’ai mitraillé ces décors impressionnants de falaises et parfois monolithes détaché planté au milieu de cet océan aussi froid qu’agité. Au site des 12 apôtres je suis même revenu sur mes pas le lendemain afin de voir ce spectacle sous une autre lumière.

Au sommet d’un petit col, j’ai fait la rencontre d’un autre cycliste en vélo de route. Cet anglais profite de faire le tour d’Australie en 10mois pour faire partager sa passion de pécheur à la mouche. Etant à son premier voyage à vélo, il a du revoir à la baisse ses objectifs et ainsi rajouter 2 mois de voyages pour arriver à ses fins, surpris par l’incidence d’un  chargement de cyclo-voyageur.

Pour la petite histoire, c’est cette personne qui a payé le prix exorbitant de 38€ pour une nuit de camping à Brisbane.

A la suite de cet échange sympathique, nous avons repris la route chacun de notre côté du col. J’étais censé me rapprocher du deuxième point le plus austral de l’Australie et passer une nuit dans un camping gratuit, qui m’a été à plusieurs reprises recommandé. Les 12kilomètres d’accès n’ont pas découragé les utilisateurs de ce samedi soir. Arrivé pour l’heure de l’apéro, j’ai été choqué par ce monde dont un groupe utilisait l’énergie de leur groupe électrogène pour rendre cet endroit idyllique en un vrai stand de foire. Ainsi, j’ai trouvé rapidement un endroit dans le deuxième site près des toilettes, l’unique commodité de l’installation. L’arrivée imminente de la pluie m’a poussée à ne pas trop tergiverser. J’ai accompli avec brio ma toilette, caché derrière le bungalow d’aisance avec seulement 1/2litre d’eau. Ma prouesse réalisé, je me suis concentrer sérieusement à l’élaboration du repas et montage tente simultané. Toutes ces taches effectuées, le repas englouti, j’ai du gagner mon habitacle précipitamment car la pluie a commencé à s’abattre sur nous. Ainsi, à 21 heures le sommeil m’emportait même si l’environnement devenait de plus en plus bruyant avec le retour des utilisateurs tardif de la plage environnante.

Un hurlement s’est échappé de ma bouche tard dans la soirée. « Maintenant, ça suffit » ai-je vociféré, la réplique envoyée à mes bruyants voisins m’a réveillé. Un des jeunes Australien m’a rétorqué, « Are you all right ? » Je n’ai pas pu lui répondre, j’ai essayé de calmer mon rythme cardiaque,  effrayé par les gestes impulsifs de mes jambes qui ont manquées de démonter la toile de tente.

En sortant de ma tente le lendemain, j’ai guetté les réactions de mes voisins. J’ai assouvi la curiosité concernant mon voyage d’un autochtone  et en échange, il m’a laissé un thé chaud près de mon vélo, alors que je m’occupais de mes ablutions. Je suis donc retourné vers lui et après quelques échanges il m’a laissé son adresse qui se trouve être sur mon chemin. Ses parents possèdent un camping, sur le terrain en bord de mer légué par le grand père.

Très optimiste, j’ai entamé une progression en bord de mer dans le sable, il m’a fallu 1h30 pour parcourir 5km et abandonner faute de pouvoir traverser la barre rocheuse s’échouant dans l’océan.

Fort de mon expérience côtière casse pattes, je dois rattraper le retard pour atteindre le Cap Otway, deuxième point le plus méridional du continent, célèbre pour ses colonies de Koala plus que pour son phare d’accès payant. La balade au sein de leur habitat constitué d’eucalyptus centenaires.

 La fin de la journée ma permis d’évoluer sur une belle route côtière de corniche. Le weekend end étant passé, j’ai bien profité de mon dernier camping, dont le prix élevé se justifiait par le cadre enchanteur à flanc de falaise et au bord d’une rivière tranquille. Les seuls containers de poubelles débordants témoignaient de la forte affluence de la fin de semaine.

Les rencontres sont plus aisées lorsque le site n’est pas bondé c’est avec un suisse Allemand que j’ai partagé des anecdotes en échanges de tartines et d’une tasse de café offerte. J’ai traitée ma troisième crevaison et changé deux de mes six rayons cassés avant de reprendre la route en direction d’ « Ocean road » et retrouver David, l’Australien rencontré deux jours avant.

Après, une longue journée à suivre le littoral, traverser des campagnes et visiter des lotissements de maisons aux volumes modernes et luxueux, je suis enfin arrivé au camping de cette famille. C’est une véritable aubaine d’avoir hérité de ce terrain au bord de l’eau à l’heure ou le prix des terrains est au plus haut. Du camping, ils perçoivent des loyers de permanents retraités ou des logements secondaires bungalow ou caravanes des citadins qui a cent kilomètres de Melbourne peuvent passer leur weekend dans ce coin tranquille.

J’ai été reçu comme un roi dans cette maison aux aires des villas de Malibu, les grandes baies vitrées surplombe cet océan, qui malheureusement n’avait pas revêtu ses meilleurs couleurs pour l’occasion. La pluie m’a permis de profiter du gite et couvert un jour de plus. Tout en vivant dans la maison de David, un petit havre de paix dans la pinède dont l’activité nocturne des possums rappelle qu’en Australie la vie animale est omniprésente. J’ai pu me plonger dans un autre milieu grâce à la générosité de ses gens. Le père était content de parler de sa traversée aérienne de Londres à Melbourne en 9 jours et 9 nuits avec un monomoteur Rolls Royce en 1969. Les fréquentes étapes en France, Italie, Grèce, Liban, Arabie Saoudite, Inde, Bangladesh, Thaïlande, Malaisie, Indonésie et Timor ont pimentées cette courageuse aventure entre les atterrissages sur routes fautes d’autorisations, les problèmes liées à la langue… Pour illustrer davantage leur exploit, j’ai vu le film super 8 d’époque de cet événement médiatisé dans la région. Il m’a aussi montré leur caserne de pompier très moderne dont il a une fonction de commandant, pourvu des meilleurs équipements pour la lutte contre les incendies. Sa femme a aussi son passé d’aventurière, en 1970, elle a fait en stop la traversé de la planète depuis Londres. Cette classe de population issue de vague d’immigrations Européennes, connait souvent très bien le vieux continent, contrairement aux Américains dont on aurait tendance à faire l’amalgame.

Pour finir, une de leur fille, dont j’ai fait la connaissance, m’a tout d’abord marquée par le fait qu’elle rêvait de se marier à Bordeaux où elle avait déjà séjourné. C’est lorsque son frère m’a montré son fiancé à la télé jouant leur foot Australien, que j’ai compris qu’elle ne cherchait pas de Bordelais…

Ma dernière vraie journée de vélo s’est résumée par la traversée en bateau de la grande baie au sud de Melbourne puis j’ai longé la côte est où la circulation est la moins dense. C’est un peu rafraichit que j’ai atteins la ville, ou mon énième famille d’accueil présenté par Marco m’attendait. J’ai compté quelques anecdotes, apprécié la bonne séance de rasage après plus d’un mois de pousse, avant de changer de maison pour faire connaissance du couple Franco Anglais dont Jean-François a pour origine mon village natal et dont sa mère était « Baby Sitter » de mon père. J’ai donc partagé deux belles journées avec cet épicurien, avec lequel j’ai découvert d’autres aspects du pays, en français de surcroit…



Publié à 17:56, le 6/03/2011, Melbourne
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